Rosaire Roy

Tout comme un des ouvriers engagés à la onzième heure, Rosaire Roy raconte comment il est né de nouveau depuis juillet 2000, après soixante-quinze ans en tant que catholique pratiquant.


Je suis né dans une famille catholique, le deuxième de huit enfants. On m’a porté au baptême le jour de ma naissance, le 1er février 1924. Ni mon père, ni ma mère n’auraient manqué la messe dominicale sans une raison sérieuse. J’ai baigné, à la maison, dans une atmosphère religieuse : récitation du chapelet tous les soirs. À l’école, on apprenait les questions et réponses du petit catéchisme par cœur et le reste était à l’avenant: images saintes, neuvaines de prières à la Vierge, prière à St-Joseph, à la bonne Sainte-Anne, pèlerinages annuels à Sainte-Anne de Beaupré.

Viennent ensuite les études classiques au Séminaire de Saint-Victor dont l’œuvre était vouée à la recherche de candidats à la prêtrise. Dans cet établissement, régnait un climat de grande piété : expositions du Saint-Sacrement, messes à tous les jours, exercices de la Semaine Sainte au cours de laquelle nous passions une nuit entière à adorer le Saint-Sacrement du jeudi soir au vendredi matin. J’avoue que ces cérémonies me plaisaient.

Mis à part la Vierge Marie, il ne fallait pas parler des femmes. Je ne raconterai pas tout ce qui pouvait se dire de la femme. Elle était considérée comme la voleuse de vocations.

Études classiques terminées, j’ai fait un séjour de deux mois chez les Pères Blancs d’Afrique à Saint-Martin de Laval (juillet et août 1948). Je fus mis à la porte. Un autre essai sérieux au Grand Séminaire de Québec pendant une année où quelques prêtres m’ont influencé dans le bon sens, parmi lesquels le supérieur, monseigneur Ernest Lemieux. Ce prêtre était la bonté faite homme. Dans ce temps-là, j’éliminais à tout jamais le projet de mariage. J’étais loin de penser qu’en 1956, je marierais une femme bonne, semblable à celle décrite dans le Proverbes 31 à partir du verset 10. Il me faut dire que j’ai été désemparé un bon bout de temps. Il m’a fallu faire un détour.

Au sortir du Séminaire de Saint-Victor, puisque ce séminaire avait comme but de préparer des prêtres, on ne parlait d’aucun métier. Pas de conseiller en orientation au cas où un étudiant songerait à se diriger vers une autre voie. En fait, avoir un prêtre dans la famille faisait que cette famille était ennoblie pour l’éternité. Alors, ça prend du temps avant de retomber sur ses jambes.

C’est maintenant que je prends le détour. Une amie m’a suggéré de demander mon admission à l’École Normale Jacques-Cartier à Montréal. Ma demande est acceptée. Ça ne prend qu’une année pour obtenir le brevet A et le baccalauréat en pédagogie, après le bac ès arts. C’est à partir de ce moment que mes idées changent à propos de la femme. Encore une fois, Dieu veillait, à mon insu. Et, comme je l’ai mentionné plus haut, je me suis marié à une femme « bonne ». Cela fait 47 ans de vie commune et ça tient toujours!

Après 29 ans d’enseignement (dont 22 à Schefferville), j’étais encore fidèle à la messe quotidienne et à des exercices de piété réguliers jusqu’à ce que mon fils, Jean-Thomas, me parle de Jésus tel que perçu par les chrétiens évangéliques. J’ai réfléchi longuement. Plusieurs passages du Divin Livre m’ont amené à me convertir. Je suis devenu chrétien, le tout couronné par le baptême présidé par le pasteur Jacques Poirier à la fin juillet 2000. Depuis ce temps, deux autres de mes fils sont venus à la foi évangélique : Vital et André.

Dieu a ses vues pour chacun de nous. Il nous veut et il nous aime sans l’aide d’intermédiaire puisqu’il n’y a qu’un seul médiateur entre Dieu et les hommes, Jésus-Christ. » (1 Timothée 2.5). « Oui, c’est gratuitement que vous avez été sauvés au moyen de la foi: vos mérites n’y sont pour rien, c’est le don de Dieu. Le salut n’est point le fruit de vos oeuvres. Nul n’a raison de se glorifier » (Éphésiens 2.8 à 10).

C’est donc après 75 années de dur labeur, de sacrifices et de bonnes oeuvres faites en vue de gagner mon ciel que j’ai compris que la vie éternelle ne saurait être monnayable. Elle est le don de Dieu. C’est au terme de ma vie que j’ai saisi ce merveilleux don qui m’est offert par Jésus-Christ. Moi, qui dans toutes mes expériences religieuses, n’avait jamais connu la paix du cœur, je marche maintenant avec une assurance paisible vers la maison qui m’attend là-haut. Oui, je recevrai désormais ce salaire promis à tous les ouvriers qui placent leur confiance dans le sacrifice de Jésus.

Que Jésus-Christ soit adoré, aimé et glorifié en tout temps et en tout lieu.

 

Si vous désirez savoir comment être réconcilié avec Dieu et avoir la vie éternelle, consultez la présentation suivie de l’Évangile dans la section « Trouver Dieu: comment c’est possible ».

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