Marjolaine Bezeau

Jésus a dit: « À quoi sert-il à un homme de gagner le monde s’il perd son âme? » Destinée à la vie trépidante de biologiste marine, Marjolaine a été hantée par cette question tout l’été et l’automne 1984…


« À quoi sert-il à un homme de gagner le monde s’il perd son âme? Que donnerait un homme en échange de son âme. » Évangile selon Marc 8 :36-37

Voilà la question qui m’a trotté dans la tête pendant tout l’été 1984 et une partie de l’automne de la même année.

C’est ce qui m’était resté des deux mois de lecture des Évangiles, avant de m’exiler pour mon travail à la station de recherche des îles Mingan, à Longue-Pointe de Mingan. Et je n’avais aucune réponse à cette question. C’était l’été de mes 21 ans et toute la vie s’ouvrait devant moi!

Je m’appelle Marjolaine Bezeau. Je suis native de Port-Cartier. Étant jeune, on parlait peu de Dieu chez moi. Ma première communion, ma profession de foi au primaire, Noël et Pâques ont été des occasions où j’entendais parler de Dieu.

J’ai eu une enfance choyée et j’étais aimée de mes parents. Très jeune, dès l’âge de trois ans, j’ai été mascotte chez les majorettes de Port-Cartier. L’attention était souvent sur moi. Dès mon jeune âge, je me suis senti importante…Être le centre d’attention à nourri en moi, même inconsciemment, un estime de soi un peu trop élevé. Et cela m’a suivi longtemps…

D’aussi loin que je me rappelle, j’ai toujours aimé être dans la nature. Déjà à cette époque je m’intéressais aux propriétés médicinales des plantes. J’avais une passion à les identifier, les collectionner. J’observais les oiseaux, les insectes… j’apprenais à les connaître.

Inspirée par Jean-Yves Cousteau et son fameux bateau, « Le Calypso », j’ai fait une technique en bio-conservation à Sainte-Anne de la Pocatière. Ce qui m’a permis plus tard de travailler avec des biologistes. C’est à cette époque que j’ai commencé à me familiariser avec la théorie de l’évolution.

C’est aussi à cette période que j’ai commencé à chercher l’attention des garçons. À cette âge on croit que le premier amour sera pour toujours…mais ce n’étais que le commencement d’une grande chaîne de déceptions et de blessures. Moi aussi, j’appris a blessé et tranquillement à m’endurcir. On fini par croire, que le vrai amour, cette relation spéciale avec quelqu’un, ça n’existe pas…

Pendant que je faisais de la course en montagne, ou pendant les sorties de plein air je me retrouvais souvent seule et là, j’avais l’occasion de réfléchir. Mon cœur s’émerveillait devant la beauté des paysages et dans mon cœur tout louait Dieu! En moi il y avait cette lutte entre ce Dieu créateur et la pensée évolutionniste qu’on m’enseignait au collège.

J’ai rencontré à l’aquarium de Québec celui qui deviendrait mon employeur. À la fin de mes études à l’été 1983, j’ai commencé à travailler pour la station de recherche des îles Mingan.

Je vivais, à cette époque, avec un homme. J’ai fait des compromis afin de préserver notre relation, mais tout allait de travers. Avec le genre de vie de bohême que je menais, il y a aussi eu des conséquences que j’ai regrettées longtemps.

Pendant un voyage en voiture, une de mes tantes me parla de la Bible. Je ne me rappelle plus ce qu’elle a dit. Mais je me rappelle avoir pensé : « Si elle peut se taire… ». J’étais fatiguée de l’entendre parler de Dieu même si je l’aimais beaucoup.

Pendant une semaine de travaux intensifs de comparaison sur les baleines, je mettais beaucoup d’heures. On n’avait pas beaucoup de temps pour faire tout ce travail de compilation. Le jour, pendant que mon collègue était à l’université, moi je travaillais sur les photos et le lendemain lui il partait avec les données et les enregistrait dans l’ordinateur. À la fin de la semaine je l’ai vu revenir abattu. On devait partir très tôt ce samedi là. Il m’annonce qu’il ne sait pas ce qui s’est passé, mais toutes les données avait été perdues. Je crois sincèrement que Dieu a permis qu’une telle chose arrive. Quand les plans de Dieu doivent s’accomplir, ils s’accomplissent!!!

À cause de cela, quelque temps plus tard je me suis retrouvée à Matane et j’ai rencontré un groupe de chrétiens qui étaient chez ma tante.

C’était Pâques, le 23 avril 1984. Ce jour-là il y avait un évangéliste et tout un groupe de jeunes. Mes yeux voyaient et j’entendais des choses merveilleuses, des choses vraies à laquelle mon cœur aspirait depuis tant d’années mais dont j’avais fini par ne plus croire. L’amour, le vrai, la paix, la vraie, le bonheur…ce n’était qu’en Dieu que je pouvais les trouver!

Je ne me rappelle plus grand chose de ce qui a été dit, mais je sais que je voulais ce qu’ils avaient trouvé.

Je suis retournée à Port-Cartier. Un peu plus tard, j’ai fait la connaissance d’un homme, Jean-Pierre Alby, qui allait être un instrument dans les mains de Dieu pour mon salut. Je lui ai partagé ce que je faisais comme travail et mon retour prochain, il s’inquiéta pour ma jeune foi… Plusieurs personnes m’avaient mise en garde!

Ce travail était, aux yeux des hommes, toute une gloire. Et cela répondait, malheureusement, à un besoin chez-moi, celui d’être reconnue…

Mais derrière la face de la médaille de la gloire, il y a un revers. Une vie de promiscuité, de rebelle, de désordre moral et sexuel qui engendre son lot de problèmes, de douleurs et de tristesses. Oui nous avons la liberté de choisir le genre de vie que l’on veut, mais nous n’en choisissons pas les conséquences.

Et je n’ai écouté personne! L’orgueil!

Pendant les deux mois qui me séparaient de ce retour à la station de recherche, j’ai lu les Évangiles. Durant l’été qui viendrait, cette question de Jésus reviendrait constamment hanter mon esprit.

En juin, je reçus l’appel d’un gars de l’équipe, arrivé à Port-Cartier. Ils étaient d’avance sur la saison. Et je suis partie avec eux le lendemain. Retournée à mon ancienne vie. La seule chose que j’avais emmener, c’était ma Bible. Mais elle étais cachée. Je l’ai ouverte pendant quinze jours en cachette puis après ce fut trop difficile. Je n’étais pas prête à sacrifier le rêve de toute ma vie pour suivre le Seigneur Jésus-Christ!

Au cours de l’été, je reçus comme promis des lettres de Jean-Pierre Alby. Chaque fois, ces lettres me labouraient le cœur. J’étais brisée.

Je vivais comme avant, mais maintenant Dieu me donnait ses lunettes, des lunettes que je n’avais jamais eu avant, afin que je voie. Des lunettes qui m’ont permis de regarder ce qu’il y avait vraiment au fond de mon cœur.

Ce qui se passait en moi était si intense qu’il a fallu que je m’enfuisse. Du jour au lendemain, je suis partie! Il fallait que je parte pour aller mettre de l’ordre dans ma vie. Essayer de comprendre ce qui se passait. J’avais fais des gaffes monumentales. Cette fuite a été pour mon salut.

Je suis donc retournée chez mes parents. Je savais que j’étais à une croisée de chemins. Que j’aurais un choix à faire. Définitif! Un choix éternel. Étais-je prête à payer le prix que le Seigneur me demandait? Quitter le travail que j’avais rêvé pendant toute mon adolescence? La gloire qu’un tel travail apporte? Le rejet de mon équipe de travail? Le regard des gens qui me connaissaient et m’appréciaient? Abandonner toutes ces choses pour suivre Jésus-Christ?

Parce-que le jour où l’on dit: « Oui Seigneur je renonce à tout pour te suivre », il n’y a rien de pire que de regretter son passé.

Un soir d’automne 1984, j’ai reçu un appel téléphonique de cet ami français, Jean-Pierre Alby. Il s’inquiétait pour moi et il priait.

Cette question dont je vous ai parlé était toujours dans ma tête. Et là, chez-moi, avec ma Bible en main, je lisais. Et tout ce que je lisais pénétrait mon cœur.

« À quoi sa sert de gagner le monde, si je perds mon âme? » La réponse? Rien!

Qu’ai-je à offrir au Seigneur en échange de mon âme? Rien ! Je n’ai rien à t’offrir, Seigneur, en échange de mon âme.

C’est là que le Seigneur m’avait emmenée. À reconnaître ma pauvreté spirituelle. Ma personne, mon travail, la gloire personnelle… j’avais peur de laisser toutes ces choses, croyant que je perdrais beaucoup. Mais en réalité, en abandonnant tout pour suivre Jésus-Christ, j’ai tout gagné! Que peut-on demander de plus que la vie éternelle?

Aujourd’hui, après 24 ans de marche avec Jésus, je regarde toutes ces choses comme de la boue en comparaison de ce que je connais de Jésus-Christ et de ce que j’apprends à connaître. Plus les années passent, plus j’apprends sur Dieu, plus je réalise la grandeur du sacrifice à la croix et plus je prends conscience que je ne méritais rien.

Qui pouvait se douter de la lutte qui faisait rage, derrière le sourire qui est sur cette photo? Seul Dieu le savait! Ce printemps-là j’étais venue à Dieu avec tout mon orgueil. Mais dans sa grâce, cet été là, Dieu m’a humiliée pour que je reconnaisse vraiment qui j’étais. À l’automne, Il m’a mis au large afin que je prenne conscience que j’étais perdue et que je devais me repentir. Et c’est ce qui est arrivé!

Cet hiver-là, Il m’a restauré. Il est venu, comme la Bible dit, souper avec moi. Et j’ai appris à le connaître et j’apprend toujours… Je ne veux jamais oublier le chemin que mon Dieu m’a fait parcourir depuis le jour où Il s’est fait connaître à moi…

Maintenant la vie n’est pas toujours facile avec le Seigneur, parce que cette vie est le plus dur et le plus étroit des chemins, mais c’est le meilleur. Et j’ai choisi de laisser Dieu écrire une fin heureuse au drame de ma vie. C’est l’espérance que j’ai en Lui. L’espérance de la vie éternelle!

 

Si vous désirez savoir comment être réconcilié avec Dieu et avoir la vie éternelle, consultez la présentation suivie de l’Évangile dans la section « Trouver Dieu: comment c’est possible ».

Si vous avez des questions, ou des commentaires, n’hésitez pas à nous contacter! Il nous fera plaisir de vous répondre.